L'ange ne peut rêver que d'amour absolu
Il va, il vient, il erre, se frotte à l'inconnu
Il veut tenter de voir comment l'âme s'abreuve
En buvant largement à même ce grand fleuve
Mais il craint que cédant à l'alchimie exquise
Le vrai du sentiment ne se volatilise
Puis, quand descend le soir au manteau écarlate
Il pose doucement sa tête sur natte
Et ses rêves flottants son plein de colibris
Et toujours grâce à « ELLE » gracieux et fleuris
Hélas, l'extase qui peuplera ce soir l'alcôve obscure
Ne sera souvenir que d'une chevelure
Mais, las, l'ange s'endort, il est partout chez Dieu
La belle nuit si tendre lui a fermé les yeux
Son sommeil est peuplé de fleurs, de papillons
De lapins que l'on voit courir , dans les sillons
L'air joue avec la mouche, et l'écume avec l'aigle
Sa bien-aimée est là, serrée contre ses ailes
La grande paix d'en haut vient comme une marée
Tout est calme, silencieux, heureux, apaisé...
L'ange dort...